Déclaration liminaire de la Coalition Rupture à la conférence de presse de ce 29 juin 2020

Déclaration liminaire de la Coalition Rupture à la conférence de presse de ce 29 juin 2020

Mesdames, Messieurs de la presse,

Chers participants,

Le collectif de partis politiques formant la coalition vous souhaite la bienvenue à cette conférence de presse. Il est constitué  à ce jour des partis suivants :

  • Alternative Patriotique Panafricaine / Burkindi (APP/BURKINDI)
  • Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS)
  • Progressiste Unis pour le Renouveau (PUR)
  • Rassemblement Des Écologistes du Burkina Faso (RDEBF),
  • Union pour la Renaissance Démocratique, Mouvement Sankariste (URD/MS).

Cette conférence de presse fait suite à notre appel du 07 mars 2020 pour « un enrôlement massif ». L’objet de cette communication est de porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique l’initiative de la création de l’Alliance politique dénommée « Coalition Rupture ».

Mesdames, messieurs,

Le défi d’une rupture de gouvernance attendue par les masses populaires burkinabé passera nécessairement par l’avènement de forces politiques patriotiques, soucieuses de la concrétisation des aspirations profondes du peuple burkinabè exprimées à travers l’insurrection populaire d’octobre 2014.

C’est pourquoi le collectif de partis politiques ici présents a entrepris la construction d’une Alliance-politique depuis mai 2019 dénommée Coalition Rupture. Cette coalition s’articule autour d’un projet politique commun qui veut incarner les aspirations du peuple sur trois objectifs majeurs : La rupture de la mal gouvernance, le renouvellement de la classe politique et l’avènement d’une gouvernance de travail vertueux et de progrès au service de la Nation entière. Elle entend faire bouger les lignes politiques et ouvrir d’autres alternatives au bénéfice du peuple par la libération du champ politique d’acteurs anciens largement dépassés et corrompus.  

Mesdames, Messieurs,   

Notre pays, le Burkina Faso vit la crise la plus grave de son existence depuis la reconstitution de la Haute-Volta en septembre 1947 en passant par les deux conflits frontaliers qu’il a vécus en 1974 et en 1985. Le constat montre une crise multidimensionnelle désastreuse et profonde caractérisée par :

– une grave crise sécuritaire marquée par de nombreuses attaques terroristes depuis 5 années qui ne cessent de se développer avec pour corollaire une stigmatisation de communautés avec des risques de replis identitaires, sapant la cohésion sociale et fragilisant l’unité nationale. En effet, les attaques terroristes et les tueries se déroulent sur des parties du territoire se retrouvant hors contrôle de l’autorité étatique, entrainant dans leur sillage la désolation, les fermetures d’écoles, de structures sanitaires et autres structures publiques et privées, principalement dans les Régions de l’Est, du Sahel, du Centre-Nord, et de la Boucle du Mouhoun.. 

– une crise humanitaire d’ampleur inédite se traduisant par un lourd bilan humain et matériel, dans laquelle on dénombre plus d’un millier de FDS et civils tués et presqu’autant de blessés, près d’un million de déplacés internes, plus de 3000 écoles fermées.

– et une crise de gestion marquée par l’incohérence et le tâtonnement, méfaits qui causent la multiplication des conflits avec les partenaires sociaux et le dysfonctionnement de l’administration. En témoigne la gestion scandaleuse et indigne de la pandémie de la Covid19 qui mit entièrement à nu la cacophonie au sommet de l’Etat, le degré d’altération d’un système de santé et particulièrement l’absence d’une stratégie sérieuse de réponse à une situation d’urgence.

Nous faisons la lecture que toutes ces crises ont pour dénominateur commun la faillite d’un régime qui manque de vision. La situation est devenue critique et dangereuse, laissant percevoir l’effritement et l’abandon d’une partie de notre territoire pendant qu’une réponse salvatrice au sommet se fait attendre, comme si les autorités avaient abdiqué. Cela a fini par entrainer le dysfonctionnement et l’aggravation de la perte de l’autorité de l’Etat ; avec pour conséquence l’instabilité et l’insécurité généralisée sur tout le territoire. De ce fait, la fracture communautaire et la fragilisation de l’unité nationale s’approfondissent, la désobéissance et les révoltes tous azimuts des populations se multiplient face un pouvoir laminé, perdu et complétement débordé.

D’autre part, on peut constater à ce jour, un degré élevé de gabegie et de corruption, une série de scandales et un pillage systémique des ressources ainsi que l’impunité entretenue au sommet. Sombre tableau qui a fini par hypothéquer tout développement et toute espérance collective, réduisant la gouvernance actuelle en une imposture économique, politique et morale.

Comme vous pouvez le remarquer, malgré les attentes au changement de la jeunesse à la suite de l’insurrection historique et admirable, le bilan des cinq années du régime MPP est négatif et par endroit chaotique ! C’est un échec cuisant pour l’ensemble du pouvoir et ses alliés.  

Mesdames, Messieurs,

Face à ce chaos, une rupture vraie de gouvernance s’impose ! Il est impératif que des forces politiques sincères, patriotes, préparées et averties assument la libération politique et la libération totale de notre territoire.

C’est pourquoi nous faisons remarquer que depuis 1991, le bouillonnement du climat politique repose sur l’exigence d’une démocratie véritable, le renouvellement de la classe dirigeante et un bien être au profit du grand nombre de Burkinabè. Or ces trois dernières décennies, le champ politique reste monopolisé par les mêmes acteurs en manque d’inventivité et de créativité. Ce cartel politique entretient de vieilles querelles politiciennes et des haines exacerbées qui font peser sur notre pays les risques d’une fracture irréversible, menaçant dangereusement la stabilité nationale et le développement. Pour distraire l’opinion, ces vieux acteurs monopolistiques  instrumentalisent une poignée versatile, paresseuse et sans ambition de notre jeunesse, qu’ils manipulent pour se perpétuer, et éviter de rendre compte de leur lourd passif politique, économique et moral.  

Notre Coalition pense que le peuple burkinabè ne peut sortir de la régression dans laquelle ce cartel politique l’a plongé sans une offre politique qualitative et durable pour notre pays, actuellement à la croisée des chemins. Cette conviction découle de la capacité de sursaut et de résilience des Burkinabé à chaque fois que la situation l’exige ! Notre ferme espérance repose sur les expériences des mobilisations des années 1998-2000, de la victoire de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et de la résistance au coup d’État de septembre 2015. Il n’est pas de trop de rappeler le renouvellement total de la classe politique dans les années 1983 sous l’impulsion d’un leader charismatique, Thomas SANKARA, et d’une génération politique qui se sont pleinement assumés.

La Coalition Rupture s’engage dans une voie du renouvellement qualitatif du personnel politique qui est un défi clé du Burkina post-insurrection, afin de fermer la longue parenthèse politique ouverte il y a plus d’une trentaine d’années. Notre Coalition est le résultat de l’unité de forces patriotiques autour d’une plateforme politique commune dont l’ambition est de bousculer dès maintenant les lignes politiques et ouvrir d’autres alternatives au bénéfice du peuple burkinabè.

Mesdames, messieurs,

Les échéances électorales de novembre suscitent sur la scène politique et sociale des débats et des positions éparses. Notre position de principe est claire. Les élections doivent toujours se tenir à bonne date mais pas à n’importe quel prix. Il doit s’agir d’élections démocratiques, c’est-à-dire à la fois inclusives et sincères, débarrassées de la fraude et de la corruption électorales, et auxquelles tous les Burkinabè remplissant les conditions légales peuvent être électeurs et éligibles, dans le respect strict de la constitution et des lois de la république. Si ces conditions ne sont pas remplies, ceux qui en sont responsables devront rendre des comptes au peuple burkinabè. C’est pourquoi nous tenons, d’ores et déjà, à mettre en garde les acteurs chargés de garantir la tenue d’élections démocratiques dans notre pays. Ceux qui auront contribué par leur incurie à bafouer le droit fondamental du peuple burkinabè à se choisir démocratiquement ses propres dirigeants auront à répondre devant l’histoire.

C’est pourquoi nous attendons du pouvoir en place qu’il précise toutes les garanties sécuritaires nécessaires à la bonne tenue des élections. Dans le même sens, la CENI et l’ONI devront également rendre compte de leurs opérations afin de lever toutes les incertitudes quant au rendez-vous du 22 novembre. C’est aussi le lieu de dénoncer les dérives d’individus qui se targuent publiquement d’offrir des CNIB, au lieu de secourir les centaines de milliers de nos compatriotes déplacés dans leur propre pays. Il en est de même de l’exploitation politique honteuse des différentes inaugurations publiques par la majorité présidentielle qui les utilisent à des fins électoralistes. Tout comme on observe une hyper politisation de l’Administration publique à travers l’installation des cellules MPP dans les Départements ministériels, toutes choses interdites par la loi. Nous interpellons une fois de plus qui de droit à prendre les mesures appropriées pour dénoncer et poursuivre les auteurs de ces pratiques qui déshonorent notre fragile démocratie en la rendant censitaire ! Notre coalition ne tolérera pas la confiscation de la démocratie par le portefeuille et par l’exploitation de la misère.

Notre coalition politique estime que ces élections constituent le tournant décisif pour l’émergence de nouvelles dynamiques et de nouvelles forces alternatives.

Pour cela nous appelons à amplifier le rassemblement et la mobilisation autour des partis de la coalition sur la base de leur projet de rupture politique.

De ce fait, notre alliance s’inscrit dans le principe et l’option d’une candidature unique aux élections présidentielles et des listes communes aux législatives et aux municipales sur l’ensemble du territoire national. L’alliance reste vigilante sur l’évolution des débats au sein de la société civile et de la classe politique d’une part, et sur les actes du gouvernement sur la question des élections d’autre part.

Au nom de ces perspectives, nous appelons vivement tout patriote, démocrate, progressiste, tout Burkinabè, femme, homme, jeune et moins jeune à se mobiliser autour de notre coalition politique, afin de créer les conditions d’une véritable rupture dans la gouvernance de notre pays. Aux autres acteurs, aux initiatives politiques en construction et personnalités ressources, la coalition reste ouverte pour tout renforcement et mobilisation.

Ainsi dans les jours à venir notre Coalition initiera une série d’activités dont un forum sur la rupture, pour approfondir le diagnostic déjà posé et s’enrichir des différents apports nécessaires à l’évolution qualitative de notre cher pays, le Burkina Faso.

Tous prêts pour la rupture !

Nan Lara, An Sara !

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